الأربعاء، 3 يونيو 2015

Quand l’Église reflue, l’islam afflue. Puisque la seule troisième voie offerte, la laïcité, est la religion du « rien » et que
le rien ne peut remplir un vide.
deux articles publiés il y a quelques jours sur le site de La Croix sont passés étonnamment inaperçus. Se répondant indirectement l’un à l’autre, ils résument pourtant l’enjeu tout à la fois spirituel, civilisationnel et même politique que l’Église de France – sortant de sa torpeur ? – découvre d’un coup entre ses mains comme un bâton de dynamite, éberluée, ennuyée, vaguement incrédule aussi, décidée quand même à faire « quelque chose ». Oui, mais quoi ?
« Un certain nombre de chrétiens, surtout des jeunes, se convertit chaque année à l’islam. Dans le diocèse d’Évreux, des responsables d’Église reconnaissent que ces démarches leur posent parfois question. » Ainsi commence le premier article, rappelant que l’Eure est le pays du tristement célèbre Maxime Hauchard.
« Le mouvement n’a rien d’un raz de marée », tempère prudemment le journal, mais il cite le témoignage d’Irène, une Sénégalaise membre d’une équipe pastorale, qui ne mâche pas ses mots : « Cela fait plusieurs années que je demande une formation pour nous apprendre à nous défendre. » Elle évoque ce dimanche où elle a morigéné son fils qui « n’osait pas dire à ses copains qu’il allait à la messe », quand « eux, les musulmans, sont fiers d’aller à la mosquée ».
D’autres mères chrétiennes, sénégalaises comme elles, fustigent « ces musulmans qui nous piquent nos enfants ». « Certains jeunes d’origine africaine m’ont rapporté que des musulmans les invitaient explicitement à la mosquée en leur affirmant que “l’islam est la religion des Noirs” », confirme le prêtre aux côtés d’Irène, qui a aussi d’autres éléments d’explication : la « convivialité » – notamment à l’occasion des fêtes –, la « simplicité » de la foi musulmane, la « clarté » des règles du permis/interdit sont souvent mises en avant. L’évêque du coin, interrogé à son tour, reconnaît que « la présence chrétienne est souvent très très légère dans ces quartiers ».
Le deuxième article évoque, lui, la situation aux Mureaux. « Beaucoup de jeunes catholiques ne savent plus dire en quoi ils croient », déplore un prêtre, « à la différence des musulmans : ils n’arrivent pas à exprimer leur foi de manière simple et claire, même pour eux. Je pense que cette génération a besoin de s’approprier les dogmes. »
Bref, quand l’Église reflue, l’islam afflue. Puisque la seule troisième voie offerte, la laïcité, est la religion du « rien » et que le rien ne peut remplir un vide.
Or, sa fierté a reflué (on l’a tellement accusée d’être autoritairement prosélyte, elle a donc fait profil bas), ses exigences ont reflué (l’époque était si permissive, il fallait bien « ajuster », et Jésus était si miséricordieux), ses enseignements ont reflué (on n’allait quand même pas continuer à ânonner scolairement des questions-réponses), ses rites sensibles, ses objets de piété et ses dévotions populaires ont reflué (qui frisaient, n’est-ce pas, la superstition et l’idolâtrie).
Mais l’on a oublié que cette religion épurée, minimaliste, volant dans de hautes sphères, séduisante, peut-être, pour les grands esprits, était bien trop « intellectualisante » pour les petites gens, comme dit Manuel Valls. Que ceux-ci avaient besoin de simplicité concrète, et non de concepts éthérés. Que si on ne leur apprenait pas les dogmes, ils ne risquaient pas de les découvrir tout seuls, pas plus qu’à l’école ils n’étaient capables de construire eux-mêmes leurs leçons, n’en déplaise aux pédagogistes de l’Éducation nationale. Et que leur confisquer tout cela revenait de facto à leur fermer les portes de l’Église… et, à terme, à les faire changer de « crèmerie ».
Oui, mais faire quoi ? Son examen de conscience. Puis se retrousser les manches.

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